Saba Elles Caire

dimanche 29 mars 2009

La MAISON POUR TOUS DE TOURAH






Au début des années 90, le père Abel (franciscain, curé de la paroisse de la Sainte Famille à Maadi), Monsieur Romani Badir (chiffonnier) et Madame Elisabeth Fayard (responsable Scout de France) ont commencé à proposer des activités aux enfants et aux jeunes des bidonvilles de Maadi Tourah. Les habitants de ce quartier du Caire sont majoritairement des chiffonniers.
· En 1996, un terrain a été acheté afin de créer la Maison pour Tous, à la demande des habitants du quartier qui souhaitaient développer un lieu de réunions et d’activités.
· Gráce aux équipes de Compagnons Scouts et Guides de France et aux habitants du quartier, un rez-de-chaussée comprenant une salle de jeux, 3 pièces annexes et une cour, a été construit et un Jardin d’enfants a ainsi vu le jour en juin 2003.
· En 2007, un groupe de françaises bénévoles résidentes au Caire s’est investi dans le développement de la Maison pour Tous (support auprès des animatrices et collecte de fonds).
· Depuis juin 2008, un étage additionnel est construit, actuellement en voie de finition.

Elle répond aux objectifs suivants :

-Développer les actions sociales et culturelles (alphabétisation, vaccinations, etc…)

-Créer un lieu convivial et polyvalent pour les évènements familiaux (mariages, fêtes, etc…) et être un lieu de rencontre et d’activités (foot, etc…) pour les jeunes l’après-midi, afin de créer une dynamique dans le quartier.

-Et surtout, assurer un centre d’accueil d’enfants (Jardin d’Enfants) permettant aux 2 parents de travailler (collecte et tri des ordures) sans que les enfants soient en permanence sur le lieu de travail des parents (détritus) ou laissés, livrés à eux-mêmes dans la rue. Un nombre sans cesse croissant d’enfants est accueilli chaque jour dans ces locaux.

Les chiffonniers du Caire

Les chiffonniers du Caire, résidant dans les quartiers de Tourah et du Moqattam, sont des paysans qui ont fui la misère des campagnes de Haute Egypte. Habitués depuis des générations aux dures conditions de la vie rurale, ils ont entrepris de collecter les ordures qu’ils recyclent et vendent à des entreprises. Ils accomplissent ainsi une tache d’assainissement dont le Caire a le plus grand besoin. Ils protègent l’environnement en recyclant 80% des déchets collectés et par ce travail, ont la fierté de gagner dignement leur vie. Cette population se divise en 2 communautés religieuses : copte et musulmane. Toutes deux également représentées dans la « maison de Tourah ».

Fonctionnement au quotidien de la maison pour tous

Education / Enseignement
· Trois éducatrices égyptiennes sont actuellement employées afin d’apprendre aux enfants à lire pour les plus grands, et à jouer pour les plus petits, ainsi que pour leur enseigner les notions les plus basiques d’hygiène.


· Ces éducatrices sont aidées dans leur travail par un groupe de femmes françaises qui vient 2 fois par semaine bénévolement. Elles animent des ateliers de jeux, en incluant les éducatrices à ces activités, et donnent leur affection et leur attention aux enfants.
· L’équipe locale collecte régulièrement des jouets et du matériel éducatif au sein de la communauté française au profit de la Maison pour Tous pour minimiser les frais de fonctionnement et apporter du confort aux enfants.

Leurs besoins sont immenses alors si cette action vous intéresse et que vous souhaitiez nous aider n’hésitez pas à me contacter sur ce site ou sur mon mail : myriamgohar@hotmail.com
Merci d’avance pour eux.






samedi 28 mars 2009






LE FENUGREC

Aujourd’hui je vais vous parler du Fenugrec...Une plante dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’a recemment !

Historique : Le fenugrec est cultivé en Inde depuis des temps anciens.
Les anciens Egyptiens connaissaient et utilisaient cette plante pour embaumer les morts. On en a même retrouvé dans le site prédynastique de Maadi. Ils la prescrivaient en application externe pour faire tomber la fièvre. Un papyrus égyptien daté du 16e avant J.C indique "comment transformer un vieillard en jeune homme" en donnant le mode de fabrication d'une huile de jouvence à base d'huile de fenugrec obtenue à partir de graines huileuses et de gousses desséchées de fenugrec. Outre qu'elle restituait un teint de bébé aux vieillards les plus décatis, elle était aussi censée faire disparaître les tâches de rousseur et guérir de la calvitie. Si vous voulez tenter votre chance, vous n'avez qu'à consulter la traduction du papyrus d'Ebers datant d'environ 1550 avant notre ère, vous y trouverez d'autres recettes pour le teint et le rajeunissement à la poudre d'oeuf d'autruche, au lait d'ânesse ou l'huile de poisson! Certaines des recettes qui y sont répertoriées remontent à la Vieme dynastie, soit à plus de 2400 ans avant Jésus-Christ. On peut imaginer la surprise de l'égyptologue allemand Georg Ebers quand en 1873, il déchiffra: "Ici commence le livre relatif à la fabrication des remèdes pour toutes les parties du corps humain"
A Rome, le fenugrec faisait partie du régime des gladiateurs auxquels on voulait faire prendre du poids et aujourd'hui ce sont les culturistes, les body-builders, qui s'y intéressent.


Anecdotes et médecine : Les médecins grecs et romains et les médecins arabes ou européens du Moyen Age ne se contentaient pas d'utiliser le fenugrec comme remède contre la calvitie et comme dépuratif, ils l'employaient pour faire tomber la fièvre, pour soulager les irritations intestinales, pour favoriser la lactation. Ils détrempaient ou réduisaient les graines en pâte pour faire des cataplasmes contre les inflammations de la peau, les plaies, les furoncles, pour soigner les gerçures des mains ou des lèvres. Les médecins orientaux le prescrivaient aux femmes enceintes en cas de travail difficile.

On en donne au bétail pour l'engraisser et aux chevaux pour qu'ils aient le poil brillant depuis des temps immémoriaux.


Un recueil de règles destinée aux agriculteurs de l'Empire Byzantin publié au 5e siècle et réédité au 10e siècle indique: "En novembre que l'on sème le fenugrec, que l'on repique les betteraves et plus loin de la mauve."
Dans tout l'Orient, où l'on aime les femmes plutôt plantureuses, (pourquoi croyez vous que j’habite ici depuis 25 ans ?!) le fenugrec a la réputation bien établie de donner des rondeurs séduisantes. Les femmes turques en prenaient aussi pour adoucir leur haleine et masquer les odeurs corporelles.
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Description : L’odeur du fenugrec ou trigonelle qui rappelle celle du foin récemment fauché est due à la présence de coumarine, utilisée aux USA dans les tabacs, ou en Pologne dans la vodka, elle est à l'origine de son nom latin foenum qui signifie "foin ". C'est une papilionacée originaire de la Méditerranée orientale, appelée aussi trigonelle, "petit triangle" à cause de la forme de ses fleurs jaunes, et utilisée depuis toujours comme plante fourragère, médicinale et comme épice. L'Inde est le premier producteur, mais le fenugrec est cultivé aussi en Grèce, en Egypte, au Maroc, aux Etats-Unis.
Le nom latin est Trigonella foenum graecum, les anglais utilisent le même mot que nous, les Indiens l’appellent methi et les marocains halba.
Les graines sont contenues dans de longues gousses étroites en forme de faucille. Vous trouverez ces graines dans les épiceries indiennes ou orientales. Les graines orange, dures comme de tout petits graviers de cette ombellifère, sont amères, et ont une odeur fraîche et forte qui évoque le céleri et la livèche. Crues, elles sont piquantes, amères et astringentes, mais elles sont moins fortes grillées.

Cuisine : Toute la plante est aromatique. Les feuilles sont également utilisées, surtout en Inde ou au Pakistan, fraîches ou le plus souvent séchées, en fin de cuisson, pour parfumer les épinards, les plats de pomme de terre, les dhals... On les appelle kasoori methi, car les plus réputées venaient de Kasur en Afghanistan. Il est préférable de faire griller les graines avant toute utilisation, dans une poêle sans matière grasse, mais attention a ne pas les laisser brûler !
Eviter les poudres du commerce, trop amères car les graines n’ont pas été grillées. Les graines germées, très fortifiantes et aussi facile a faire germer que le soja peuvent être mangées en salade, comme c’est le cas en Syrie et au Liban

jeudi 19 février 2009

Droits des enfants

Reçu au courrier, ce matin, cette belle affiche.
1989 - 2009
Vingtième anniversaire
de la Convention internationale
des Droits de l'Enfant


En savoir plus sur le site : Les droits de l'enfant

mardi 17 février 2009

Le physalis ou Amour en cage, un fruit de saison, un parfum délicat.

Chez le marchand de légumes, ça faisait longtemps que je ne les regardais même plus, ces petits fruits enveloppés dans un calice végétal beige couleur poussière, qui ne m’avaient jamais invité à la découverte gourmande.
Puis Jeannine, puis Myriam, vantèrent l’une leur parfum délicat, l’autre l’origine française du nom… C’était fait : ma curiosité s'est réveillée.




Me voilà donc aujourd’hui à vous présenter le fruit de ma découverte.








Parmi toutes les variétés de Physalis, l’Alkekenge en est une dont le fruit est comestible lorsqu’il arrive à maturité.




Pour Myriam spécialement :-))
Le terme « alkékenge », qui est apparu dans la langue française au XIVe siècle, vient de l'ancien français « alquequange » ou « alcacange », lequel dérive de l'arabe al-kakang. Pour un fruit originaire du Pérou, c’est déjà toute une histoire !

Certaine de convaincre toute la famille, je suis revenue du marché avec trois kg de fruits.

J’ai commencé par tester la confiture dont nous sommes tous vraiment gourmands.
En épluchant les fruits, je me suis régalée de déguster ces fruits frais légèrement acides (les choisir bien orange) et de découvrir un parfum nouveau, très délicat.

Pour la confiture, j’ai préféré une recette toute simple :

Pour 4 pot de confiture : 1kg de fruits épluchés, 500gr de sucre, 2 jus de petit citron vert.

Les éplucher, les laver, puis sécher, et les couper en deux. Les laisser s’imprégner du sucre et du citron pendant toute une nuit. Au matin, faire cuire pendant 15 minutes en mélangeant souvent. Si comme moi, vous aimez avoir de petits morceaux de fruits dans la confiture, réserver directement dans les pots quelques fruits prélevés à l’aide d’une écumoire. Puis mixer le reste et verser dans les pots.

Résultat : Le temps de cuisson relativement court a permis de conserver tout le parfum du fruit frais. La confiture est suffisamment sucrée. Par contre, elle est restée relativement liquide. A conserver au frigo.

Petit plus pour les gourmands : c'est vraiment trop bon, accompagné d'un oras au cumin sortant du four.

Pour ceux qui aiment prendre le temps : un délicat festin à prévoir pour les p'tits-déj. de vacances, sur la terrasse, aux premiers rayons de soleil du matin.

Le temps d’acheter des œufs et du lait, quelques jours plus tard, j’ai préparé un clafoutis aux physalis, en suivant exactement la recette trouvée sur le site d’Olhar Féliz, la cuisine au jardin.

Mettre à préchauffer le four à 175°
Préparer la pâte pour 1kg de fruits épluchés : 3 CàS de farine, 3 CàS de sucre,1 pincée de sel, 3 œufs entiers, 33dl de lait, CàS d’huile neutre, 2CàS de bon rhum.
Verser la pâte dans le moule préalablement beurré, puis répartir les fruits.Cuisson 40 à 45 minutes.

C’était bon, mais lorsque je le referai, je testerai sans rhum et avec un peu plus de sucre.

Autre idée de recette qui nous vient du Mexique : préparation d’une sauce avec des oignons et des piments. Je vous laisse tester.

En arabe égyptien, demandez des "arankach".

Pour en savoir plus sur les nombreuses variétés, l'histoire et l'origine, les propriétés et les recettes, n'hésitez pas à découvrir :

le site du Magazine

Le site de la cuisine au jardin de Ohlar Féliz

l'article de wikipédia

Sur le site cuisine végétarienne

parmi beaucoup d'autres...

samedi 14 février 2009

Rencontre avec l'artiste Mohamed Abou Elnaga et la fondation El NAFEZA

Il est 11H30 à la station de métro Mar Girgis, dans le quartier El Fustat-le vieux Caire, quartier copte. Je viens rencontrer Mohamed Abou Elnaga, avec l'espoir qu'il me raconte comment, artiste plasticien égyptien, il a créé El Nafeza, un projet de développement social, économique et environnemental à travers l'artisanat d'art.
C'est Enas, son épouse et responsable des ateliers qui nous accueille et nous guide.

L'atelier EL Nafeza se trouve dans un ensemble bien sympathique de batisses à deux étages occupées par des ateliers d'artisanat très divers : poterie, sculpture, fer, ..et papier.




Nous suivons Enas dans les salles de l'atelier.

Elle nous explique les différentes étapes de la fabrication de la feuille de papier de riz,

en commençant par le bain des fibres pendant 48 h au moins,
puis le passage dans une machine à fabriquer les "taméa"(galette de fèves crues, frites dans l'huile) détournée en machine à broyer les fibres de riz.






Ensuite, la pâte obtenue est versée sur des tamis puis mise à sécher sur les murs.
Cette technique est originale et astucieuse : l'eau s'écoule sans problème, et permet un gain de place pour le stockage des feuilles en cours de séchage. Les papiers obtenus sont ensuite transformés en différents articles : carnets de notes, reliure, boîtes et sacs, abat-jour,etc...

J'ai le plaisir d'y rencontrer 5 personnes sourdes parmi le personnel, et ainsi de converser en langage des signes. Enas me dit être ravie du travail des personnes sourdes : cela me réjouit. Je me promets d'en parler à la directrice du Deaf Unit où je travaille : une visite de l'atelier permettrait aux enfants sourds d'élargir leur perspectives d'avenir professionnel.

Ensuite, nous prenons la voiture pour rejoindre le bureau de la fondation El nafeza et l'atelier de Mohamed Abou Elnaga. Très cordialement, Mohamed délaisse son travail pour nous accueillir.


Il nous montre son travail d'artiste : peinture, collage, photo, et bien sur, toutes formes de papiers sont exploitées dans son oeuvre.




Puis vient le temps de s'asseoir et de parler. Et Mohamed raconte.

Cela fait longtemps qu'il s'intéresse au papier.
En 1996, son diplôme des Beaux Arts d'Alexandrie en poche, il part au Japon où il s'initie aux techniques de la fabrication du papier de riz. Sa curiosité d'artiste l'amène à pousser ses recherches dans d'autres pays.

Du papier au livre, le chemin artistique de Mohamed est tracé.

En 2001, il installe ses livres-objets d'art- dans la vitrine d'une librairie du Caire. L'année suivante, à l'occasion de l'ouverture de la Bibliothéca Alexandrina, il organise l'exposition collective "Imagining the book" à laquelle participent de nombreux artistes égyptiens et étrangers. Cette exposition aura lieu également en 2005.

Pendant ce temps, il continue son exploration, développe d'autres thèmes lors d'expositions collectives comme "Form Through the Light"-2005 et 2006- ainsi qu'en décembre 08 -"Baggage", une exposition qui réunit le travail de 20 écrivains et 20 plasticiens sur le thème de la valise.

Parallèlement à son travail d'artiste, dès son retour du Japon, il s'intéresse à l'artisanat. Il prend conscience que, contrairement au peuple japonais, le peuple égyptien a simplement oublié son savoir-faire artisanal, il a oublié combien la Terre d'Egypte est généreuse et offre tous les matériaux nécessaires à la réalisation d'un artisanat de qualité.

C'est de cette réflexion que nait en 2005, la fondation El Nafeza, un projet à la croisée du développement social, économique et artistique. Avec l'aide de fonds internationaux, il forme 20 personnes à la fabrication du papier de riz et crée de nombreux objets d'artisanat d'art avec le papier végétal ou du papier recyclé.

Un beau parcours généreux, respectueux des traditions et de l'environnement qui mérite d'être soutenu.
Vous pourrez trouver les objets d'artisanat rue 231 à la boutique : "Catacombes" Digla.

Vous êtes les bienvenus dans les ateliers. Pour un prix modeste (100 LE adultes-prix dégressif pour les scolaires), en une journée, vous pourrez vous initier à la fabrication du papier et rentrer chez vous avec un objet créé par vos mains. Une bonne idée de sortie familiale pour le week-end ou les vacances scolaires.

N'hésitez pas à visiter le site El Nafeza : pour en savoir plus sur le travail d'artiste de Mohamed Abou Elnaga et sur la fondation El Nafeza
Contact :
Enas Khanees : +20101339600 OU +20106600468
elnafeza@gmail.com

dimanche 8 février 2009

Demeure bourgeoise du XVIIIe dans le Caire islamique

C’était une opportunité à ne pas manquer que nous offrait l’association Caire accueil : la visite de la maison Harawi, maison bourgeoise du XVIIIe, commentée par l’architecte Bernard Maury responsable de la restauration, un chantier qui a duré 7 ans de 1986 à fin 1993.



En plus de ses qualités d’architecte restaurateur, Bernard Maury est un bon guide. En chemin, il nous explique volontiers ici une sabil kottob, fontaine publique et école coranique,
là une sabil pour les animaux,








la wakala ou caravansérail de Qayt Bay, ancêtre de City Star…





Et puis nous arrivons sur une jolie place bien dégagée autour de laquelle se trouve un ensemble de bâtisses restaurées qui lui donne fière allure : une petite mosquée, la maison restaurée Zeynab Khatun, une boutique d’artisanat égyptien de qualité, la maison Sitt Wasila qui abrite maintenant un centre d’animation pour les enfants du quartier, et enfin, de la maison Harawi.

C’est une bâtisse qui présente une façade haute dont les deux derniers étages sont peints en bleu avec des encadrements de fenêtres en blanc.
Pour assurer l’entretien de la maison après restauration, Bernard Maury a souhaité que la maison soit investie d’une utilité publique :










elle abrite aujourd’hui une école de Oud très réputée.




Passés la porte, nous arrivons dans une cour intérieure, un bel espace à ciel ouvert qui permet l’accès aux différentes pièces de la maison : salle de réception des hommes, une autre salle de réception, un escalier qui mène à l’étage, à la salle de réception des femmes ainsi qu’aux terrasses et pièces privées.
La maison était habitée par la famille au sens large. En effet, les fils mariés restaient avec leur épouse dans la maison paternelle.


Les pièces n’avaient pas vraiment de fonction précise : dans la salle de réception, les gens allaient et venaient, se reposaient, mangeaient, et même pouvaient y dormir sur des matelas apportés par les serviteurs.


Grandes pièces, bassin octogonal en marbre blanc et noir, belles étagères, plafonds à caissons polychromes,






grands moucharabieh, système de ventilation par un manchon orienté vers le nord d’où vient la brise rafraîchissante, frises en bois au dessus des étagères, courant tout le long des murs qui disent un poème, un verset du coran, le nom de propriétaire,








des terrasses qui dominent la ville… tout un ensemble qui nous a réjouit.







Aujourd’hui, 15 ans après la fin des travaux de restauration, la maison Harawi n’est plus tout à fait comme elle était à son inauguration. Un peu défraîchie et abîmée par la poussière du Caire, par le temps qui passe, par quelques vandalismes et volonté naïve et ignorante des principes de restauration, elle reste un lieu agréable et vivant grâce à son école d’Oud et les concerts réguliers donnés dans la cour.

Une visite très intéressante commentée par un passionné.

Infos pratiques :
Pour trouver la maison Harawi :
Au départ de l'entrée de la mosquée Al Azhar, longer l'enceinte de la mosquée sur deux côtés, passer devant la wakala, profiter des échoppes librairies et reliure, puis continuer tout droit pour arriver à la petite place. Entre 5 et 10 minutes à pied depuis l'entrée de la mosquée Al Azhar.

dimanche 1 février 2009

La grande Bibliothèque d'Alexandrie : un bel écrin pour du vide

Qui n’a pas entendu parlé de la grande bibliothèque d’Alexandrie, inscrite dans la mémoire collective malgré sa complète disparition pendant plus de 2000 ans ?

C est en hommage à cet exceptionnel centre de recherche créé environ 3 siècles avant J - C., que d’extraordinaires fonds internationaux se sont mobilisés pour construire la Bibliotheca Alexandrina.

Cette nouvelle bibliothèque, imaginée par un groupe de jeunes architectes norvégiens, est ouverte au public depuis octobre 2002. Je ne pouvais pas imaginer quitter l'Egypte sans avoir eu le privilège de la visiter.

Je profite du passage de ma fille pour nous inscrire toutes les deux à une visite organisée dans la journée par le CSA. Trop tard pour que Michel se joigne au groupe. Il décide alors d’aller à Alexandrie en train et de nous rejoindre pour la visite de la bibliothèque. Départ du CSA samedi à 8H. Arrivée à la bibliothèque d’Alexandrie à 11h45.


La bibliothèque fait partie d’un complexe culturel qui abrite également un petit planétarium ainsi qu’un centre de conférences.





Etablie en bord de mer, à l’emplacement de l’ancienne bibliothèque, la bibliotheca Alexandrina est un bâtiment moderne de pierre et de verre.




La bibliothèque a la forme d’un cylindre tronqué de 160 m de diamêtre, de 32 m de hauteur à son point le plus élevé.





Le mur extérieur de la bibliothèque est recouvert de granit noir d’Assouan gravé de symboles des langues du monde, entouré d’un plan d’eau.




A l'intérieur, des visites régulières sont organisées en anglais, arabe, français.
Nous profitons donc d’une guide francophone. Un peu d’histoire, de chiffres - coût : 230 millions de dollars, 240 milles livres en accès direct, 1800 places de lecture sur 7 niveaux, 9 centres de recherches, une bibliothèque pour les aveugles, pour adolescents, pour enfants, le centre des manuscrits, un musée archéologique, des espace expositions…- la visite avec la guide est en fait très succincte.






Nous avons choisi de visiter le musée archéologique ainsi qu'une exposition sur le livre objet.



Je n’ai pas manqué de visiter la section jeunesse.
Elle est réservée aux enfants uniquement ( aucun parent ?!) petite bibliothèque colorée, plus attrayante que la grande salle un peu austère de la bibliothèque Susan Moubarak à Maadi.
Aller savoir pourquoi ou comment, des enfants sont venus spontanément demander une petite dédicace à Michel?!(Michel Piquemal : écrivain jeunesse).



La Bibliotheca Alexandrina est sans conteste une réussite architecturale à la hauteur du mythe prestigieux. Mais c’est VIDE ! Vide de livres, de public !


Les expo. ne sont pas à la hauteur d’une « grande » bibliothèque, le petit musée archéologique est sympa, certes….la bibliothèque jeunesse est digne d’une bibliothèque municipale : nous avons du chercher pour trouver autre chose que des livres de Walt Disney - oui encore - dans la section livres français ! Et même si, là, les enfants était bien présents, ils étaient surtout accaparés par la projection d’un dessin animé…

Tout cela nous laisse un petit goût de gâchis : cela ressemble plus à quelques caprices d’intellectuels qui se sont fait plaisir. Pour 230 millions de dollars !!! La guide nous dit que c’est un lieu de recherches et d’études : mais comment étudier, comment faire des recherches quand on n’a pas le matériel, les documents ? L’objectif est d’en faire un centre international ?! Pourquoi les étrangers viendraient-ils travailler à la bibliothèque d’Alexandrie ? De plus, dans un pays ou la littérature n’est pas enseignée à l’école, un pays qui doit compter pas loin de 50 % d’illettrés, un pays où le seul livre que possède les gens et que certains lisent-c' est le coran- n’y avait-il pas quelque chose à faire pour le peuple égyptien ?Actuellement, seuls les étudiants de l’université d’Alexandrie doivent en tirer quelques profits.

En tout cas, pour moi, la visite de la bibliothèque ne vaut pas l’objectif d’une journée à Alexandrie.
De plus, aux 7 longues heures prévues pour le trajet en bus aller-retour, se sont ajoutées celles que nous avons passées au retour, dans les embouteillages pour traverser Le Caire.
Michel, qui a fait le voyage en train, est arrivé avant nous.


Pour en savoir plus :

Tarifs :
Prix de la visite organisée par le CSA : bus, accompagnatrice, entrée à la bibliothèque, une boisson : un peu plus de 350 LE par pers
Pour Michel, voyageant en train :
Le voyage aller retour 2e classe correct mais bruyant: 60 LE.
L'entrée de la bibliothèque : 45 LE

Voyager en train : Au Caire : Gare Ramsès, station métro Mubarak.
gare Ramsès-Le caire / gare d'Alexandrie : 2H30 un trajet

Voyager en bus : départ Maadi/arrivée devant la bibliothèque d'Alexandrie : 3h 30 de trajet, sans compter les embouteillages.

Visiter la bibliothèque :

  • Le site de la bibliothèque d’Alexandrie pour une recherche de documents et dossiers, pour les tarifs et horaires d'ouverture.
  • Sur place, à la fin de la visite, nous avons trouvé une plaquette explicative en français sur l'utilisation de la bibliothèque : très utile pour avoir une vue d'ensemble des services.
  • En sortant du musée archéologique, nous avons également compris qu'une visite gratuite de ce musée avec un audio-guide est possible, en laissant un document d'identité en dépôt.

La bibliothèque d'Alexandrie sur le site de l’Unesco